Deux micros évènements qui me sont arrivé cette semaine m’ont donné envie d’aborder le sujet de l’identité sur internet. Je suis résolument pour la possibilité de garder l’anonymat.
Personnage de légende, Nessy du Loch a une longue histoire et de nombreuses incarnations autant réelles que virtuelles. Cette histoire se prolonge dans les méandres d’Internet au fond d’un lac virtuel, protéiforme, changeant et brumeux.
Le premier micro-évènement est un rejet. Sur les réseaux sociaux dits professionnels, LinkedIn et Viadeo, à la connexion, vous est proposé le contact avec plusieurs personnes que vous pourriez connaître, soit que vous ayez leur adresse mail dans votre liste sur Gmail, soit que vous ayez un certain nombre de contacts ou d’intérêts en commun. Je clique rarement, mais ça m’arrive.
L’autre jour une de ces personnes m’a demandé mon identité réelle, me conseillant de baisser le masque, sous-entendant peut-être, que ces réseaux professionnels sont des endroits sérieux ou que quelqu’un qui se cache a forcément quelque chose à cacher et forcément, c’est douteux, voire dangereux. Faut dire, avec tous les pédo-nazi-crypto-hackers qui s’y cachent, il vaut mieux jouer la prudence !

Le deuxième est plus amusant. Vous connaissez (ou pas) cette coutume du vendredi sur Twitter, le FollowFriday tagué #FF, qui consiste à recommander de nouveaux abonnements à vos abonnés.
Hier @KlineDubois m’a recommandée de cette façon : “#FF @nessyduloch (Légende de la toile dont j’ai suivi toutes les réincarnations numériques depuis mille ans, mais ça, elle l’ignore)
”

Mille ans c’est long ! En réalité, si le Monstre du Loch Ness a une existence légendaire relatée depuis le VIème siècle, grâce au témoignage de Saint Colomban, ma présence régulière sur Internet a une douzaine d’années, pas plus. Malgré tout, j’ai perdu la mémoire du nombre exact d’identités que j’ai bien pu y endosser.

Alors pourquoi donc le choix de l’anonymat ?
J’ai tout de suite apprécié cette possibilité sur Internet de pouvoir communiquer de manière anonyme. Premièrement, tout simplement parce que je suis timide. Jusqu’ici, nous nous exprimions essentiellement par écrit sur Internet, ce qui permettait de choisir ses mots, de les corriger, sans montrer ses émotions. Il m’a fallut longtemps avant d’oser utiliser le chat qui laisse passer plus d’émotions que le mail ou les commentaires sur les blogs et forums. C’est grâce à Second Life que j’ai réussi à m’adapter. Par contre, je n’aime toujours pas utiliser la voix. Je le fais cependant avec des logiciels comme Skype ou Mumble qui servent maintenant aux réunions téléphonées. Je les déteste à peu près autant que le téléphone et bien entendu je n’ai pas non plus de webcam.

Cependant comme tout le monde, l’avatar « carboné » qui m’anime a bien une identité professionnelle avec site, blog et comptes sur les réseaux sociaux. Alors pourquoi ces identités virtuelles ?
La principale raison est que les humains aiment bien ranger les autres dans des cases, des catégories pour se simplifier la vie. Peut-être parce qu’eux-même sont changeants et instables ? Aucune idée, je ne suis pas psychologue. Mais je l’ai remarqué et ça me dérange parce que m’intéresse à de nombreux sujets qui peuvent paraître sans liens. Comme l’avatar-qui-m’anime est une femme et souffre au quotidien du racisme des genres, très vite j’ai pris l’identité d’un homme. Puis celle d’une femme âgée, puis de diverses personnes et avatars imaginaires. Dès qu’on aborde des sujets de conversation sans porter sur soi les a priori qu’on prête aux genres, aux catégories sociales et professionnelles, la parole est plus libre et surtout mieux lue/écoutée.

Afin de diversifier mes contacts, j’use d’autres avatars que celui de Nessy, qui a elle-même l’étiquette écolo sur le front et se retrouve donc être repoussante pour certains. Ainsi quelques personnes qui ne me suivaient pas ou plus sur Twitter par exemple sont mes fans ailleurs !
Cependant, je ne me cache pas. Dès que la conversation est engagée avec une personne et que les sujets de discussions sont abordés librement sans les a priori dérangeants, je décline mon identité et bien des personnes avec lesquelles cette conversation est entretenue deviennent de vrais amis.
